lundi 24 novembre 2008

Appel aux Maires de France

Un constat nous rassemble : notre empreinte écologique fragilise les écosystèmes de notre terre. Ainsi, Il y a 63 ans, notre planète entrait dans une nouvelle ère : l’ère atomique, avec les bombardements d’Hiroshima et de Nagasaki. Quelques mois plus tard, naissaient l’ONU et l’UNESCO pour dire « Plus jamais ça » aux guerres qui déchirent le monde.

La Charte de l’ONU engage les gouvernements, représentants des peuples, à « préserver les générations futures du fléau de la guerre ». L’UNESCO, quant à elle, définit dans son préambule les prémices d’une culture de la paix : « Les guerres prenant naissance dans l’esprit des hommes, c’est dans l’esprit des hommes que doivent être élevées des défenses de la paix ».

Depuis les tragédies d’Hiroshima et Nagasaki, la quasi-totalité des États a adopté la Déclaration sur le droit des peuples à la paix, considéré que les armes nucléaires devaient être éliminées et adopté le Traité de non-prolifération nucléaire dans lequel les États « s'engagent à poursuivre de bonne foi des négociations sur des mesures efficaces relatives à la cessation de la course aux armements nucléaires à une date rapprochée et au désarmement nucléaire, et sur un traité de désarmement général et complet sous un contrôle international strict et efficace ».

Pourtant, il reste encore aujourd’hui 27 000 têtes nucléaires qui menacent chaque jour l’existence même de notre planète. En cas d’utilisation volontaire ou accidentelle, nos villes seraient les premières cibles. L’état du monde et les menaces qui émergent, nécessitent un engagement de tous pour éliminer ce péril et construire la paix.

Nous, maires de Carrières-sous-Poissy (78), Dijon (21), Lourdes (65), Malakoff (92), Montreuil (93), villes de France, représentant la pluralité des engagements politiques de notre pays, réunis à l’occasion du 1er Forum de la Paix (2008), en présence de nombreuses personnalités et organisations, lançons un appel aux maires de France pour qu’ils soutiennent les efforts des États, des collectivités et des ONG pour la non-prolifération et le désarmement nucléaires conformément aux engagements internationaux de notre pays.

Considérant notre responsabilité en matière de sécurité de nos concitoyens et notre proximité avec eux, nous avons un rôle particulier à jouer pour les soutenir dans l’action pour la paix, la solidarité et la justice.

Avec les maires d’Hiroshima et de Nagasaki et les Hibakusha (survivants des bombardements atomiques), solidaires des 2400 villes (San Francisco, Bruxelles, Hanovre, Halabja, Paris, Rio de Janeiro, Sarajevo, Montréal, …), et gouvernements locaux du monde entier engagés dans l’action avec le réseau Mayors for Peace / AFCDRP[1], soutenu par le réseau mondial CGLU (Cités et Gouvernements Locaux Unis) et sa commission « Diplomatie des villes », nous appelons l’ensemble des maires de France à s’engager dans la campagne intitulée « Nos villes ne sont pas des cibles » qui s’inscrit dans le projet « Horizon 2020 » destinée à obtenir des Nations Unies un processus international d’élimination des armes atomiques d’ici 2020.

Ensemble, du village et du quartier à la planète, pour garantir un avenir durable aux générations futures, rassemblons-nous pour promouvoir une culture de la paix et mettre en mouvement assez d’énergies pour libérer la planète de la « grande menace » des armes atomiques.

Dijon, le 21 novembre 2008
François Rebsamen
Catherine
Margaté
Dominique Voynet
Jean-Pierre Artiganave
Eddie
Aït
Maire de Dijon, Sénateur de la Côte d’Or
Maire de Malakoff, Conseillère générale des Hauts-de-Seine
Maire de Montreuil, Sénatrice de Seine-Saint-Denis
Maire de Lourdes
Maire de Carrières sous Poissy, Conseiller régional d’Île-de-France

En présence de Catherine Margaté, maire de Malakoff, conseillère générale des Hauts-de-Seine, vice-présidente de Mayors for Peace, représentante du maire d’Hiroshima.

[1] Association Française des Communes, Départements, Régions pour la Paix, branche française de Mayors for Peace