mercredi 20 janvier 2010

Réflexions : "Le climat, les armes et nous"


Par Michel CIBOT, délégué général de l’AFCDRP, directeur général des services de la ville de Malakoff.
Préambule :
À partir des débats consacrés au développement durable, le texte ci-dessous, vise à susciter des interrogations sur les raisons d’être du tabou des armes nucléaires et du véritable déni de réalité qui l’entoure et bloque une approche transversale de ces questions. Il vise également à inviter les collectivités membres de l’AFCDRP à produire un travail collectif pour introduire ce débat dans les Agendas 21 qu’elles initient pour leur territoire ou auxquels elles participent au sein des communautés de communes ou d’agglomérations.
Ce débat est proposé aux collectivités territoriales membres de l’AFCDRP, représentant le réseau Maires pour la Paix en France. 

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Le climat nous préoccupe. Où trouver les moyens d’éviter sa dégradation ? Quelles sont les relations entre les armes de destruction massive et le temps qu’il fera demain ? Regard sur les financements, les modes d’organisation et de gouvernance nécessaires à l’élaboration collective de réponses rationnelles aux défis mondiaux liés à ce pouvoir d’extermination totale qui fait partie de notre quotidien présent local et planétaire.

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L’essor de la notion de développement durable


1987 : La commission mondiale sur l’environnement et le développement, créée par l’Assemblée générale des Nations Unies, publie un rapport intitulé « Notre avenir à tous », aujourd’hui communément appelé « Rapport Brundtland », du nom de la présidente de ladite commission.
1992 : La désormais célèbre Conférence de Rio définit un cadre d’action pour un développement durable de la planète décliné selon 27 principes dont quatre sont consacrés à la paix.
1997 : Le Protocole de Kyôto sur les gaz à effet de serre et le réchauffement climatique est adopté. Il fixe des engagements diversifiés selon les États signataires.
2009 : Les États du monde réunis à Copenhague, du 7 au 18 décembre, tentent de donner, après le « Grenelle de l’environnement » français, une suite au Protocole de Kyôto car celui-ci arrive à échéance en 2012. Le résultat n’est pas encore à la hauteur des espoirs et des nécessités !


Vingt-deux années se sont écoulées depuis l’apparition de la notion de développement durable. Soyons optimistes… Vingt-deux ans, c’est bien peu ! On se souvient des débats sur le sens des mots « soutenable » et « durable » au début de ce processus. Elles masquaient des réticences profondes, aujourd’hui insignifiantes au regard des stratégies publiques et privées de développement durable. Caprices de pays riches, effets de mode, rêves d’idéalistes sympathiques… tout a été dit ! Maintenant le danger est à nos portes et personne ne conteste la nécessité de prendre en compte le développement durable à tous les niveaux, en particulier celui des directions d’entreprises privées ou d’institutions publiques chargées de porter les orientations globales des structures qu’ils pilotent. Les enjeux sont en effet de mieux en mieux perçus et de nombreuses politiques sont mises en place à travers des plans d’action, des évolutions des organisations et des gouvernances, des implications individuelles et collectives. Et il ne s’agit pas seulement de communication ou d’image de marque même si cet aspect reste présent !
Les médias donnent aux questions de réchauffement climatique du fait de l’activité humaine un retentissement sans précédent et de tous horizons. Les vocations écologistes se révèlent. Comme toujours, les nouveaux convertis sont parfois les plus impatients.
Il convient donc de prendre des mesures concrètes d’envergure pour éviter des catastrophes futures. Pour cela, il est impératif de trouver des moyens. Le pourquoi fait consensus. Le comment « demeure un vaste sujet d’interrogations tant la complexité de la transformation à mener est grande » comme l’écrit Hervé Lefèvre, Président de Kea & Partners. L’une des questions essentielles est là : quels moyens ? Celle des moyens financiers n’est pas des moindres…


Choisir la bonne échelle d’action et les priorités… S’entendre sur les causes…


Les actions préconisées concernent chacun de nous bien sûr, à travers nos consommations, nos produits, nos communications, nos déplacements, nos initiatives de reconstitution de la nature abîmée, notre démographie peut-être aussi et bien d’autres paramètres...

lundi 4 janvier 2010

L'AFCDRP vous souhaite ses meilleurs vœux pour l'année à venir


jeudi 17 décembre 2009

Rapport de la commission internationale pour la non-prolifération et le désarmement nucléaires (ICNND) - Réponse de la société civile

Nous avançons au ralenti. Il faut accélérer la mise en application



15 décembre 2009

La commission internationale sur la non-prolifération et le désarmement nucléaire (ICNND), une initiative conjointe des gouvernements australiens et japonais, a publié un rapport intitulé « Éliminer les menaces nucléaires ». Nous saluons les efforts tout au long de l’année écoulée des co-présidents, Gareth Evans et Yoriko Kawaguchi, ainsi que des autres membres de la commission. Malheureusement, en tant que membres de la société civile aspirant à l’abolition des armes nucléaires, nous devons dire que ce rapport est loin d’être à la hauteur de nos attentes. Le rythme du plan d’action pour le désarmement nucléaire exposé dans ce rapport est bien trop lent. Au lieu de participer à l’élan mondial en faveur de l’abolition des armes nucléaires, il existe un danger pour qu’en réalité il agisse comme un frein.

La commission a déclaré qu’elle souhaitait produire un rapport « réaliste », « orienté vers l’action ». Effectivement, le rapport contient de nombreuses recommandations pratiques et utiles. Nous en soutenons la plupart. Cependant, le critère selon lequel quelque chose est oui ou non jugé réaliste ne doit pas servir de prétexte à l’abandon de l’action ou à son report. Le fait que la majorité des peuples et des nations du monde veulent voir les armes nucléaires abolies rapidement est une autre « réalité ». Et la réalité la plus fondamentale est que chaque jour qui passe où les armes nucléaires continuent d’exister augmente le danger qu’elles soient utilisées avant qu’elles n’aient pu être abolies. C’est aussi un fait que la majorité des États membres des Nations Unies ont signé des Traités de zones exemptes d’armes nucléaires et ont exprimé leur soutien au lancement de négociations sur une Convention sur les armes nucléaires. Les 171 pays qui ont soutenu une résolution appelant à l’élimination des armes nucléaires, portée par des pays comprenant le Japon et l’Australie, et coparrainée par les États-Unis, ne veulent pas que les armes nucléaires soient maintenues de façon permanente, même à un niveau réduit.


Les gouvernements devraient prendre les recommandations du rapport au sérieux mais faire en sorte de les mettre en application bien avant le calendrier mentionné dans ce rapport.


Objectif zéro – Une convention sur les armes nucléaires maintenant




mardi 15 décembre 2009

Le désarmement nucléaire possible ?

Par Paul Quilès, maire de Cordes-sur-Ciel et ancien Ministre de la défense.
Cet article a été publié pour la première fois dans le quotidien l'Humanité daté du 31 octobre 2009, sous le titre "Il est regrettable que Nicolas Sarkozy oppose désarmement et lutte contre la prolifération".


La stratégie de dissuasion nucléaire n’apparaît plus aujourd’hui comme une réponse adaptée aux principaux risques auxquels font face les États qui la mettent en œuvre. Selon le Livre blanc, elle n’a pour objet que « d’empêcher une agression d’origine étatique contre les intérêts vitaux du pays ». On voit mal, dans la situation actuelle, d’où pourrait provenir cette agression.

De plus, un système international dans lequel quelques États nucléaires considéreraient qu’ils ont seuls le droit de détenir un armement supposé leur assurer une garantie absolue de sécurité ne serait pas viable à terme. Les États non nucléaires qui estimeraient que leurs intérêts fondamentaux de sécurité ne sont pas pris en compte dans ce système s’efforceraient alors d’avoir accès à la bombe. Après Israël, l’Inde, le Pakistan, la prolifération s’étendrait de manière irrésistible à l’Iran puis à d’autres pays.


Il y a donc nécessité de se libérer des dogmes de la dissuasion, pour s’orienter vers une politique de sécurité coopérative prenant en compte les intérêts légitimes de tous les États. Défense et désarmement doivent être considérés par les puissances nucléaires comme des instruments complémentaires pour la garantie de leur sécurité.

Les nouvelles orientations de la politique étrangère américaine peuvent aider à rétablir la confiance dans des processus de désarmement, vidés de leur contenu par l’équipe Bush. Déjà, les États‑Unis et la Russie se sont engagés à conclure un accord pour succéder au traité START de réduction des armements stratégiques[1]. Celui-ci aura surtout l’avantage de reposer sur un système de vérification, qui autorisera de nouveaux progrès vers une réduction contrôlée des armements. L’administration américaine s’est aussi fixé deux priorités : la ratification du traité d’interdiction complet des essais nucléaires et la négociation d’un traité d’arrêt de la production de matières fissiles à usage militaire. Un succès dans ces domaines créerait une véritable en faveur du désarmement nucléaire.

La lutte contre la prolifération ne sera cependant crédible et légitime que si elle s’accompagne d’un effort des puissances nucléaires pour « poursuivre de bonne foi des négociations » de désarmement nucléaire[2]. C’est ce caractère indissociable du désarmement et de la lutte contre la prolifération que vient de reconnaître le Conseil de sécurité de l’ONU[3].

Il est regrettable que N. Sarkozy ait, à cette occasion, semblé opposer désarmement et lutte contre la prolifération, laissant entendre que seule la seconde répondait à une urgence réelle. Une telle position ne peut qu’entretenir l’idée, chez beaucoup de dirigeants de pays émergents, que la France cherche avant tout à défendre un monopole[4], sans beaucoup de préoccupation pour les intérêts de sécurité légitimes des autres États.

Les progrès du désarmement nucléaire passent aussi par le développement des contrôles sur les matières fissiles. Les négociations doivent porter, dans un premier temps, sur l’arrêt de la production des matières fissiles militaires. À plus long terme, il faudrait aboutir à un contrôle international de la production de toutes les matières fissiles. On atteindrait ainsi trois objectifs : une garantie solide contre toute tentative de prolifération, une transparence complète des arsenaux nucléaires et une protection efficace contre le danger de terrorisme nucléaire.

Par ailleurs, si l’on veut persuader l’Inde, le Pakistan et Israël d’adhérer au Traité de non‑prolifération, il faut viser une réduction effective des arsenaux existants jusqu’au plus bas niveau possible, comme cela a commencé à être fait par les États‑Unis et la Russie.

Quant à la France, elle pourrait participer plus activement à ces efforts, en entrant dans un processus de négociation sur son armement nucléaire, sans se limiter à l’annonce de réduction du potentiel nucléaire français faite par N. Sarkozy en mars 2008[5]. Elle pourrait également interrompre totalement ou partiellement des programmes de modernisation des arsenaux existants[6], ce qui constituerait un pas décisif dans la voie du désarmement nucléaire.

Notes :
[1] Traité qui vient à expiration dans un mois.
[2] Comme le prévoit l’article 6 du Traité de non‑prolifération.
[3] Résolution 1887, adoptée le 24 septembre 2009.
[4] Il s’agit peut‑être aussi de justifier une position privilégiée de membre permanent du Conseil de sécurité.
[5] Réduction d’un tiers de la composante aéroportée, fixation d’un plafond de 300 unités pour les têtes nucléaires.
[6] La France pourrait par exemple interrompre son programme de missile stratégique M 51, qui apparaît plus comme un héritage de la guerre froide que comme un instrument de défense adapté.
Le blog officiel de Paul Quilès

jeudi 12 novembre 2009

Les villes de Pont-Sainte-Maxence, Cordes-sur-Ciel, Boissy-Saint-Léger, Fontenay-sous-Bois et Fontaine rejoignent le réseau des villes de paix

Nous souhaitons la bienvenue aux villes de Pont-Sainte-Maxence, Cordes-sur-Ciel, Boissy-Saint-Léger, Fontenay-sous-Bois et Fontaine qui ont rejoint l'AFCDRP et le réseau des Maires pour la Paix au cours des dernières semaines.

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Nous vous rappelons que la pétition "Nos villes ne sont pas des cibles", nouvelle étape de la campagne "Vision 2020 - Pour un monde sans armes nucléaires en 2020" qui permet aux élus et aux citoyens d'exprimer leur soutien au Protocole Hiroshima-Nagasaki est disponible en ligne en suivant le bouton ci-contre : petition

mardi 27 octobre 2009

Obama Nobel de la Paix : Le Prix d’une promesse

Par Daniel Fontaine, Président de l'AFCDRP, Maire d'Aubagne, Vice-président du Conseil général des Bouches-du-Rhône.

Il y a quelques jours, le Prix Nobel de la Paix était décerné à Barack Hussein Obama, 44ème président des États-Unis d’Amérique, moins d’un an après sa prise de fonctions à la Maison Blanche.

L’annonce a étonné, puisqu’il ne faisait pas partie de la liste des favoris que publient les médias. Une controverse s’est développée autour d’une question centrale : Barack Obama mérite-t-il un prix qui vient traditionnellement sanctifier l’aboutissement d’un engagement ?

Certes, jusqu’à aujourd’hui les discours du Caire ou de Prague, et leurs souffles nouveaux, ne trouvent pas encore de traductions marquantes en politique internationale. Mais ils ont au moins le mérite de rompre avec la rhétorique simpliste de son prédécesseur et ses dramatiques envolées sur les forces du bien ennemies irréductibles de celles du mal.

"En conséquence, aujourd'hui je souligne clairement avec conviction l'engagement des États-Unis et son désir d'œuvrer en faveur de la paix et de la sécurité d'un monde sans armes nucléaires". Une phrase comme celle-là, extraite de son discours d’avril à Prague, peut permettre d’envisager une issue au piège dans lequel le monde s’est enfermé depuis le mois d’août 1945 et les actes qui seront accomplis à l’occasion de la conférence de révision du Traité de Non Prolifération des armes nucléaires pourraient être le premier jalon tangible d’une inversion de doctrine à l’échelle de la planète. L’adoption de la résolution 1887 par le Conseil de sécurité de l’ONU en est-elle le signe avant-coureur ? Son vote par les USA est en tout cas un événement en soi.

On pourrait ainsi affirmer que le Prix Nobel décerné à Barack Obama est celui d’une promesse d’espoir.

On peut également voir les choses sous un autre angle. Avant même les discours de Prague ou du Caire, c’est l’élection même d’Obama qui a constitué une formidable surprise, mais aussi une leçon, pour le monde entier.

Les USA, ce pays que l’on décrivait si rapidement comme foncièrement ségrégationniste, a élu à sa tête un président de couleur, fils d’un ressortissant Kenyan et d’une américaine du Kansas. Et cela a radicalement changé l’image que l’on se fait de la première puissance du monde. Hier, source de craintes, elle est maintenant un espoir, ténu, de na pas voir l’humanité se recroqueviller sur de très vieux réflexes de repli sur soi, d’exaltation de ses propres particularités, de diabolisation de l’autre, qui sont les vecteurs éternels des conflits et des affrontements.

Les promesses du président Obama nécessitent sans doute un très fort appui des opinions publiques mondiales pour qu’elles ne se perdent pas dans les méandres administratifs du Congrès américain ou du Pentagone. Il est des moments où le scepticisme, l’attentisme qui sont si familiers aux homo médiaticus que nous sommes devenus doivent laisser place à l’action et à la confiance dans la sincérité des intentions. Celles de Barack Obama méritent sans doute que nous ne lui mégottions pas notre soutien.

lundi 12 octobre 2009

Edito : L’attribution du prix Nobel de la Paix à Barack Obama arrive au bon moment

Par Michel CIBOT, Délégué général AFCDRP, membre de la Commission Nationale Française pour l’UNESCO.

Nous ne ferons pas de réserves. Certes il n’a pas un palmarès indiscutable mais bien d’autres qui l’ont précédé auraient pu être discutés autant voire bien plus.
Barack Obama n’a pas tout fait mais parvenir à l’adoption unanime de la résolution 1887 du Conseil de sécurité en quelques mois ce n’est pas rien car il s’agit tout de même de relancer un débat de fond sur l’élimination des armes nucléaires, débat que de nombreux gouvernements d’avant aux USA et ailleurs avaient contribué à enliser dangereusement.
Cessons « d’attendre pour voir » installés dans un attentisme facile et confortable. N’hésitons plus à nous investir avec courage et détermination dans l’action citoyenne pour l’émergence d’une culture de paix comme l’ONU nous y invite depuis plus de 10 ans. Barack Obama a ouvert une voie pour que nous l’empruntions.
Les collectivités locales françaises se sont dotées d’un outil d’action pour la paix original avec l’AFCDRP. Ils disposent d’un instrument nouveau avec le protocole Hiroshima-Nagasaki porté par le réseau mondial des Maires pour la paix. Ils sollicitent les autorités françaises pour qu’elles agissent en conformité avec leurs votes aux Nations Unies et invitent les communes, département et régions à les rejoindre.
Oui le prix Nobel arrive au bon moment !