lundi 12 octobre 2009

Edito : L’attribution du prix Nobel de la Paix à Barack Obama arrive au bon moment

Par Michel CIBOT, Délégué général AFCDRP, membre de la Commission Nationale Française pour l’UNESCO.

Nous ne ferons pas de réserves. Certes il n’a pas un palmarès indiscutable mais bien d’autres qui l’ont précédé auraient pu être discutés autant voire bien plus.
Barack Obama n’a pas tout fait mais parvenir à l’adoption unanime de la résolution 1887 du Conseil de sécurité en quelques mois ce n’est pas rien car il s’agit tout de même de relancer un débat de fond sur l’élimination des armes nucléaires, débat que de nombreux gouvernements d’avant aux USA et ailleurs avaient contribué à enliser dangereusement.
Cessons « d’attendre pour voir » installés dans un attentisme facile et confortable. N’hésitons plus à nous investir avec courage et détermination dans l’action citoyenne pour l’émergence d’une culture de paix comme l’ONU nous y invite depuis plus de 10 ans. Barack Obama a ouvert une voie pour que nous l’empruntions.
Les collectivités locales françaises se sont dotées d’un outil d’action pour la paix original avec l’AFCDRP. Ils disposent d’un instrument nouveau avec le protocole Hiroshima-Nagasaki porté par le réseau mondial des Maires pour la paix. Ils sollicitent les autorités françaises pour qu’elles agissent en conformité avec leurs votes aux Nations Unies et invitent les communes, département et régions à les rejoindre.
Oui le prix Nobel arrive au bon moment !

lundi 5 octobre 2009

Exemple de PLACP : Malakoff

A l'occasion de la journée internationale pour la paix, la ville de Malakoff a élaboré son PLACP 2009 (Programme Local d'Action pour une Culture de la Paix).
Ce PLACP comprenait :
  • L'exposition "Artistes pour la paix" créée et organisée par le groupe local du mouvement de la Paix depuis une trentaine d'années. Exposition présentée du 21 septembre au 11 octobre dans les locaux de la mairie.
  • La projection du film "Gerboise Bleue" au cinéma municipal (le 24 septembre).
  • La Fête de la paix au théâtre de verdure du Parc Salagnac. Musique, danse animations associatives (le 27 septembre).
  • L'exposition "La bombe atomique et l'humanité", du 22 septembre au 11 octobre à la maison de la vie associative. Une rencontre avec Miho Shimma a été organisée le 29 septembre à cette occasion.
  • Une conférence à propos du darfour, avec le Mouvement de la paix et SOS Racisme (le 2 octobre)
  • L'opération "Lire en Paix" : pour la 8ème année consécutive, la médiathèque a réalisé un projet "Lire en Paix (initié par l'AFCDRP). ce projet consiste à consacrer un temps d'activité "normale" de la bibliothèque - médiathèque au thème de la paix (bibliographie, lectures, présentation de livres, conférences avec des auteurs, etc.). Cette année, le projet était consacré au philosophe Günther Anders. Alain Rouy, germaniste et normalien, est venu parler de cet auteur peu connu en France. A cette occasion, les bibliothécaires ont réalisé un dossier remarquable, avec l'appui du service de la communication de la ville. L'AFCDRP a le plaisir de mettre ce travail à votre disposition. Pour son éventuelle utilisation publique, nous vous demandons de consulter le directeur général des services de la mairie de Malakoff (courriel).

lundi 28 septembre 2009

Nos villes ne sont pas des cibles - Elimination des armes nucléaires

Relais français du projet "Cities Are Not Targets (CANT)" qui s'inscrit dans le cadre de la campagne Vision 2020 menée par Maires pour la Paix (Mayors for Peace) et l'AFCDRP, la pétition "Nos villes ne sont pas des cibles" représente un élément clef pour faire savoir à tous les gouvernements que leurs citoyens se mobilisent contre les armes nucléaires qui sont des instruments de destruction illégaux (comme l'a rappelé la Cour internationale de justice) et immoraux conçus pour anéantir des villes entières.

En savoir plus : article dédié à la pétition sur le site de l'AFCDRP

petition


lundi 21 septembre 2009

Journée internationale de la Paix - 21 septembre 2009

Par Daniel Fontaine, Président de l’AFCDRP, Maire d’Aubagne, Vice-président du Conseil général des Bouches-du-Rhône. Texte précedemment publié en page d'accueil du site afcdrp.com

Pourquoi et comment faire connaître au plus grand nombre la Journée internationale de la Paix ?

Nos calendriers sont depuis un certain nombre d’années régulièrement alimentés en journées, semaines ou années consacrées à une cause, ou une autre. Avouons qu’il est difficile pour une collectivité de répondre à toutes ces sollicitations, non par manque de sensibilité ou de préoccupation, mais surtout pour cause d’encombrement et de difficulté à mobiliser des citoyens eux-mêmes confrontés à des difficultés sociales ou familiales exacerbées par la crise globale que nous vivons.

Mais justement, célébrer la Journée internationale de la Paix, cela n’a de sens que pour mettre en valeur des initiatives locales, nationales ou internationales destinées à promouvoir la Culture de la Paix. En clair, ce que nous mettons en œuvre dans la durée pour faire vivre « l’ensemble des valeurs, des attitudes, des traditions, des comportements et des modes de vie fondés sur :
  • le respect de la vie, le rejet de la violence
  • l’engagement de régler pacifiquement les conflits
  • les efforts déployés pour répondre aux besoins des générations actuelles et futures
  • le respect et la promotion du droit au développement
  • le respect et la promotion de l’égalité des droits et des chances pour les hommes et les femmes
  • le respect et la promotion du droit de chacun à la liberté d’expression, d’opinion et d’information
  • l’adhésion aux principes de liberté, de justice, de démocratie, de tolérance, de solidarité, de coopération, du pluralisme, de la diversité culturelle, du dialogue et de la compréhension à tous les niveaux de la société et entre les nations… »
(extraits de la résolution 53/423 de l’assemblée générale de l’ONU)

Quand on connaît les efforts quotidiens déployés, malgré les difficultés, par tous les élus locaux pour donner corps à ces principes dans leurs villes, leurs départements ou leurs régions, la célébration de la journée internationale de la Paix prend un autre sens, celui d’une portée universelle et d’un engagement permanent de tous les acteurs de la société.

Dans un monde que l’on dit de plus en plus incertain, traversé de crises, de violences sociales, de tentations belliqueuses de plus en plus affirmées, nous sommes collectivement en recherche d’un mode de fonctionnement apte à faire espérer d’autres possibles. Les textes relatifs à la Culture de la Paix, adoptés par l’ONU, peuvent servir de matrice à cette ambition.

Parmi les défis que nous devons relever dans les années à venir, celui de l’abolition des arsenaux nucléaires est premier. A la fois aberration économique et ultime crime contre l’humanité, le maintien des capacités de destruction massive fait peser un risque permanent, inacceptable, sur la civilisation elle-même. Le réseau Maires pour la paix (Mayors for Peace) et ses 3 000 villes à travers le monde se mobilise pour obtenir des avancées significatives à l’occasion de la conférence de révision du Traité de Non Prolifération Nucléaire qui aura lieu au printemps 2010. La célébration de la Journée Internationale de la Paix, ce 21 septembre, pourrait signer le lancement de mobilisations locales en faveur de cet objectif majeur.

jeudi 17 septembre 2009

Maires pour la Paix (Mayors for Peace) - Appel de Nagasaki

Déclaration finale adoptée par la 7ème Conférence générale des Maires pour la Paix (Mayors for Peace), 10 août 2009, Nagasaki, Japon.


Nous, délégués de 134 villes et 26 organisations de 33 pays, rassemblés à l’occasion de la 7ème Conférence de Mayors for Peace à Nagasaki autour du thème principal : « L’élimination[1] des armes nucléaires est entre nos mains ! Faisons adopter le protocole Hiroshima Nagasaki en 2010 ».

Depuis 2003, Mayors for Peace agit pour que, d’ici 2020, le monde soit libéré de la menace nucléaire. Forts de la proclamation par l’ONU d’une quatrième Décennie internationale pour le désarmement, nous appelons les dirigeants et les citoyens de chaque pays à promouvoir la connaissance de cette Décennie (2010-2020) et à susciter une volonté populaire sans précédent pour l’élimination des armes nucléaires.

Le chemin le plus sûr vers un monde sans armes nucléaires est défini par le protocole Hiroshima-Nagasaki que nous devons soutenir sans ambiguïté. Nous sollicitons les États parties au Traité sur la Non-prolifération des armes nucléaires (TNP) pour qu’ils adoptent ce Protocole et le mettent en œuvre fidèlement pendant la Décennie pour le Désarmement. En tant qu’unique nation ayant subi des bombardements nucléaires, il est souhaitable de voir le Japon prendre la tête du mouvement mondial vers un monde sans armes nucléaires.

Que ce soit à travers la Conférence de révision du TNP, la Conférence sur le Désarmement ou l’Assemblée générale des Nations Unies, la communauté internationale doit engager dès 2010 des négociations énergiques pour un monde libéré des armes nucléaires. Nous travaillerons étroitement avec tous les individus, groupes et nations de bonne volonté afin de nous assurer que cette étape cruciale soit franchie. Nous accueillons très favorablement le plan en cinq points du Secrétaire général de l’ONU, notamment la place prédominante accordée au lancement de négociations concernant une convention sur les armes nucléaires. Nous demandons à chaque maire de bien souligner que, à son initiative, la journée internationale de la Paix, le 21 septembre 2009, est dédiée cette année au thème : « ADM [2] - Nous devons désarmer ! »

En tant qu’élus affrontant déjà les conséquences de la globalisation et de la récession mondiale sur nos citoyens, nous partageons l’avis du président américain Barack Obama lorsqu’il déclare à Prague le 5 avril 2009 que « quel que soit le lieu (où une attaque nucléaire pourrait se produire), les conséquences sur notre sécurité, notre société, notre économie et, en définitive, notre survie seraient sans fin au niveau mondial ». Face à cette terrible menace, le Président Obama a demandé à ce que nous « nous dressions ensemble au 21ème siècle pour vivre libres de toute peur ». Notre réponse est « Oui, ensemble nous pouvons abolir les armes nucléaires ». Des villes membres, conduites par Hiroshima et Nagasaki, adoptent d’ores et déjà le terme « Obamajorité » pour se référer à la large majorité des nations et peuples qui, sur cette planète, cherchent à être libérés de la menace nucléaire.

Nous avons la responsabilité de protéger les vies et la prospérité des personnes que nous représentons. Pour cela, nous devons trouver des moyens d’encourager une véritable démocratie mondiale et de nous assurer que le souhait de la majorité de nos citoyens soit correctement reflété dans les décisions internationales. Par conséquent, Mayors for Peace exhorte les gouvernements, les Nations Unies et toute organisation internationale compétente à prendre les mesures suivantes :
1. Adopter le Protocole Hiroshima-Nagasaki lors de la Conférence de révision du TNP de 2010 et faire en sorte que des négociations multilatérales sur l’avènement d’un monde sans armes nucléaires d’ici 2020 s’engagent dès la Conférence pour le désarmement ou lors de l’Assemblée générale de l’ONU de 2010.
2. Exiger que toutes les forces armées respectent l’intégrité des villes et interdisent l’utilisation de puissances explosives dans les zones peuplées. (Un engagement similaire est attendu de la part des acteurs non-gouvernementaux).
« Les villes ne sont pas des cibles ! »
3. Faire respecter les droits de l’homme, travailler sans attendre à l’élimination de la famine, de la pauvreté, des discriminations, de la violence et mettre fin à la destruction de l’environnement.
4. Se rallier au Protocole de Kyoto et à tout accord post-Kyoto afin que soient réalisés des progrès sensibles et constants en direction d’une solution au problème du réchauffement climatique.
5. Transférer les fonds militaires et de préparation à la guerre à des activités de promotion de la paix, de réduction de la faim, d’assistance aux refugiés, de protection de l’environnement et de résolution des nombreux autres défis qui se présentent à la communauté internationale [3].
6. Créer un nouveau système de fonctionnement par lequel les voix des villes puissent être entendues régulièrement, systématiquement et directement au sein des Nations Unies.

Mayors for Peace déclare par la présente notre intention collective de travailler dans un esprit de solidarité et de coopération sur les points suivants :
I. Inviter les leaders mondiaux, en particulier ceux des états nucléaires, à visiter les villes d’Hiroshima et Nagasaki en 2010 pour voir par eux-mêmes l’horreur engendrée par ces armes terribles
II. Améliorer la communication au sein de notre réseau en pleine expansion pour accroître notre capacité à agir pour l’élimination des armes nucléaires
III. Construire des relations fortes avec les gouvernements nationaux et locaux et les ONG pour promouvoir la mission de Mayors for Peace à travers une coopération large et mondiale
IV. Concevoir et dispenser des cours « Hiroshima-Nagasaki » d’études sur la paix dans les institutions éducatives à travers le monde pour transmettre le message des Hibakusha (survivants des explosions nucléaires) comme l’un des plus précieux repères intellectuels de l’humanité et promouvoir « l’éducation à la paix et au désarmement » à tous les niveaux de la société pour diffuser la culture de la paix.

Nous décidons par la présente de travailler ensemble, avec tous les acteurs de bonne volonté, vers les buts et objectifs décrits ci-dessus, nous engageant à faire tout en notre pouvoir pour aboutir à un monde sans armes nucléaires d’ici 2020.



[1]Prévue en ces termes par le Traité sur la Non-prolifération signé en 1968 et ratifié par la France en 1992.
[2]ADM : armes de destruction massive.
[3]Référence aux objectifs du millénaire définis par l’ONU (NdT).

mercredi 5 août 2009

7ème Conférence Générale des Maires pour la Paix (Mayors for Peace)

"L'abolition des armes nucléaires est dans nos mains !"

Tel est le thème de la 7ème Conférence Générale des Maires pour la Paix (Mayors for Peace) qui se déroulera du 7 au 10 août prochain à Nagasaki (Japon).


Une délégation de villes françaises membres de l'AFCDRP et de Maires pour la Paix (Mayors for Peace) participera aux travaux de la Conférence autour de la question du désarmement nucléaire et de l'importance de la réussite de la conférence de révision du Traité de Non-prolifération qui aura lieu en mai 2010 à New York.

Le programme détaillé de la 7ème Conférence générale des Maires pour la Paix (Mayors for Peace) est consultable ici.


mardi 4 août 2009

Argentat rejoint l'AFCDRP

Après délibération de son conseil municipal début juillet 2009, Argentat (19) a rejoint l'AFCDRP.

Nous souhaitons la bienvenue à la commune d'Argentat au sein du réseau de l'AFCDRP !

jeudi 30 juillet 2009

Opinions : Le discours prononcé par Barack Obama le 5 avril 2009 à Prague sera-t-il historique ?

Par Jean-Paul LECOQ, Maire de Gonfreville l’Orcher, Député de la Seine-Maritime.

Le discours prononcé par Barack Obama le 5 avril 2009 à Prague sera-t-il historique ?

À cette occasion chacun retiendra que le nouveau président américain a affirmé « l’engagement de l’Amérique à rechercher la paix et la sécurité dans un monde sans armes nucléaires. » Il a également exprimé le souhait de « parvenir à une interdiction globale sur les essais nucléaires. »

Cette déclaration est un formidable espoir pour tous ceux qui luttent pour la paix, notamment au sein de l’AFCDRP. Elle entre en résonance avec l’appel en faveur du protocole Hiroshima-Nagasaki pour l’élimination de toutes les armes nucléaires d’ici 2020.

Nous pouvons toutefois déplorer que le président français n’ait pas profité de l’occasion pour engager la France dans la même voie. Son silence assourdissant suite à ce discours en dit long sur ses intentions en la matière.

Alors que les États-Unis nous avaient habitués depuis longtemps aux paroles et aux actes guerriers, le président Obama, en rupture totale avec son prédécesseur Georges Bush considère pour sa part que son pays a « la responsabilité morale d’agir. »

Mais cette déclaration de principe s’accompagne de nuances qu’il convient de ne pas négliger.

Tout d’abord, le président Obama évoque la réduction « du rôle des armes nucléaires », pas de leur nombre.

Par ailleurs, il insiste sur le fait que tant que les autres pays disposeront de telles armes, les États-Unis ne renonceront pas à leur armada…

Le discours du président américain s’accompagne également de trop nombreux « nous devons » qui ne correspondent à rien de concret, notamment en termes de calendrier.

Il convient donc de rester prudent et lucide. N’oublions pas que les États-Unis restent le premier marchand d’armes de la planète. Il y a fort à parier qu’Outre-atlantique, le complexe militaro-industriel ne renoncera pas facilement à cette manne financière.

Nous souhaitons tous que ces bonnes intentions ne restent pas lettre morte. Pour reprendre les propres termes du président américain, « les mots doivent avoir un sens. » Mais, nous attendons plus que des paroles : des actes.

Ce discours sera donc historique s’il est suivi d’effets pour qu’enfin nous soyons débarrassés de cette épée de Damoclès qu’est l’arme nucléaire.