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mercredi 27 octobre 2010

Essais nucléaire subcritique américain : Lettre de prostestation de Mayors for Peace

Suite à la réalisation le 15 septembre dernier du 24ème essai nucléaire subcritique américain, le 1er sous la présidence Obama, le comité exécutif de Mayors for Peace a adressé au Président des États-Unis la lettre de protestation suivante :

J’ai appris que les États-Unis avaient procédé à leur 24ème essai nucléaire subcritique sur le site d’essais du Nevada le 15 septembre.

Les survivants des bombardements atomiques, ainsi que la grande majorité des citoyens du monde, souhaitent l’abolition complète des armes nucléaires. Vous avez éveillé en nous de grands espoirs lors de votre discours de Prague en avril 2009 et vous avez à maintes reprises pris la parole brillamment en faveur d’un monde sans armes nucléaires. En août dernier à peine, l’Ambassadeur Roos est devenu le premier ambassadeur Américain à participer à la Cérémonie du mémorial de la Paix d’Hiroshima. Ainsi, nous avions l’impression que les États-Unis avaient fini par comprendre dans son intégralité notre vœu si cher d’abolir les armes nucléaires.

Lors de la conférence d’examen du TNP en mai dernier, les États parties au Traité, y compris les États dotés, ont décidé par consensus d’engager des actions concrètes en faveur de l’abolition des armes nucléaires. Et pourtant les États-Unis, le pays qui devrait être le fer de lance de cet effort, ont procédé à un test nucléaire subcritique. Nous sommes outragés par le fait que vous piétiniez ainsi les attentes et les espoirs des survivants des bombardements atomiques et de la vaste majorité des citoyens du monde et, au nom des 4 207 villes dans 144 pays et régions qui sont membres de Mayors for Peace, nous protestons vigoureusement.

Un test nucléaire subcritique menant au développement de nouvelles armes nucléaires va à l’encontre de l’esprit du TICEN dont vous travaillez à la ratification.

mardi 27 octobre 2009

Obama Nobel de la Paix : Le Prix d’une promesse

Par Daniel Fontaine, Président de l'AFCDRP, Maire d'Aubagne, Vice-président du Conseil général des Bouches-du-Rhône.

Il y a quelques jours, le Prix Nobel de la Paix était décerné à Barack Hussein Obama, 44ème président des États-Unis d’Amérique, moins d’un an après sa prise de fonctions à la Maison Blanche.

L’annonce a étonné, puisqu’il ne faisait pas partie de la liste des favoris que publient les médias. Une controverse s’est développée autour d’une question centrale : Barack Obama mérite-t-il un prix qui vient traditionnellement sanctifier l’aboutissement d’un engagement ?

Certes, jusqu’à aujourd’hui les discours du Caire ou de Prague, et leurs souffles nouveaux, ne trouvent pas encore de traductions marquantes en politique internationale. Mais ils ont au moins le mérite de rompre avec la rhétorique simpliste de son prédécesseur et ses dramatiques envolées sur les forces du bien ennemies irréductibles de celles du mal.

"En conséquence, aujourd'hui je souligne clairement avec conviction l'engagement des États-Unis et son désir d'œuvrer en faveur de la paix et de la sécurité d'un monde sans armes nucléaires". Une phrase comme celle-là, extraite de son discours d’avril à Prague, peut permettre d’envisager une issue au piège dans lequel le monde s’est enfermé depuis le mois d’août 1945 et les actes qui seront accomplis à l’occasion de la conférence de révision du Traité de Non Prolifération des armes nucléaires pourraient être le premier jalon tangible d’une inversion de doctrine à l’échelle de la planète. L’adoption de la résolution 1887 par le Conseil de sécurité de l’ONU en est-elle le signe avant-coureur ? Son vote par les USA est en tout cas un événement en soi.

On pourrait ainsi affirmer que le Prix Nobel décerné à Barack Obama est celui d’une promesse d’espoir.

On peut également voir les choses sous un autre angle. Avant même les discours de Prague ou du Caire, c’est l’élection même d’Obama qui a constitué une formidable surprise, mais aussi une leçon, pour le monde entier.

Les USA, ce pays que l’on décrivait si rapidement comme foncièrement ségrégationniste, a élu à sa tête un président de couleur, fils d’un ressortissant Kenyan et d’une américaine du Kansas. Et cela a radicalement changé l’image que l’on se fait de la première puissance du monde. Hier, source de craintes, elle est maintenant un espoir, ténu, de na pas voir l’humanité se recroqueviller sur de très vieux réflexes de repli sur soi, d’exaltation de ses propres particularités, de diabolisation de l’autre, qui sont les vecteurs éternels des conflits et des affrontements.

Les promesses du président Obama nécessitent sans doute un très fort appui des opinions publiques mondiales pour qu’elles ne se perdent pas dans les méandres administratifs du Congrès américain ou du Pentagone. Il est des moments où le scepticisme, l’attentisme qui sont si familiers aux homo médiaticus que nous sommes devenus doivent laisser place à l’action et à la confiance dans la sincérité des intentions. Celles de Barack Obama méritent sans doute que nous ne lui mégottions pas notre soutien.

lundi 12 octobre 2009

Edito : L’attribution du prix Nobel de la Paix à Barack Obama arrive au bon moment

Par Michel CIBOT, Délégué général AFCDRP, membre de la Commission Nationale Française pour l’UNESCO.

Nous ne ferons pas de réserves. Certes il n’a pas un palmarès indiscutable mais bien d’autres qui l’ont précédé auraient pu être discutés autant voire bien plus.
Barack Obama n’a pas tout fait mais parvenir à l’adoption unanime de la résolution 1887 du Conseil de sécurité en quelques mois ce n’est pas rien car il s’agit tout de même de relancer un débat de fond sur l’élimination des armes nucléaires, débat que de nombreux gouvernements d’avant aux USA et ailleurs avaient contribué à enliser dangereusement.
Cessons « d’attendre pour voir » installés dans un attentisme facile et confortable. N’hésitons plus à nous investir avec courage et détermination dans l’action citoyenne pour l’émergence d’une culture de paix comme l’ONU nous y invite depuis plus de 10 ans. Barack Obama a ouvert une voie pour que nous l’empruntions.
Les collectivités locales françaises se sont dotées d’un outil d’action pour la paix original avec l’AFCDRP. Ils disposent d’un instrument nouveau avec le protocole Hiroshima-Nagasaki porté par le réseau mondial des Maires pour la paix. Ils sollicitent les autorités françaises pour qu’elles agissent en conformité avec leurs votes aux Nations Unies et invitent les communes, département et régions à les rejoindre.
Oui le prix Nobel arrive au bon moment !

jeudi 30 juillet 2009

Opinions : Le discours prononcé par Barack Obama le 5 avril 2009 à Prague sera-t-il historique ?

Par Jean-Paul LECOQ, Maire de Gonfreville l’Orcher, Député de la Seine-Maritime.

Le discours prononcé par Barack Obama le 5 avril 2009 à Prague sera-t-il historique ?

À cette occasion chacun retiendra que le nouveau président américain a affirmé « l’engagement de l’Amérique à rechercher la paix et la sécurité dans un monde sans armes nucléaires. » Il a également exprimé le souhait de « parvenir à une interdiction globale sur les essais nucléaires. »

Cette déclaration est un formidable espoir pour tous ceux qui luttent pour la paix, notamment au sein de l’AFCDRP. Elle entre en résonance avec l’appel en faveur du protocole Hiroshima-Nagasaki pour l’élimination de toutes les armes nucléaires d’ici 2020.

Nous pouvons toutefois déplorer que le président français n’ait pas profité de l’occasion pour engager la France dans la même voie. Son silence assourdissant suite à ce discours en dit long sur ses intentions en la matière.

Alors que les États-Unis nous avaient habitués depuis longtemps aux paroles et aux actes guerriers, le président Obama, en rupture totale avec son prédécesseur Georges Bush considère pour sa part que son pays a « la responsabilité morale d’agir. »

Mais cette déclaration de principe s’accompagne de nuances qu’il convient de ne pas négliger.

Tout d’abord, le président Obama évoque la réduction « du rôle des armes nucléaires », pas de leur nombre.

Par ailleurs, il insiste sur le fait que tant que les autres pays disposeront de telles armes, les États-Unis ne renonceront pas à leur armada…

Le discours du président américain s’accompagne également de trop nombreux « nous devons » qui ne correspondent à rien de concret, notamment en termes de calendrier.

Il convient donc de rester prudent et lucide. N’oublions pas que les États-Unis restent le premier marchand d’armes de la planète. Il y a fort à parier qu’Outre-atlantique, le complexe militaro-industriel ne renoncera pas facilement à cette manne financière.

Nous souhaitons tous que ces bonnes intentions ne restent pas lettre morte. Pour reprendre les propres termes du président américain, « les mots doivent avoir un sens. » Mais, nous attendons plus que des paroles : des actes.

Ce discours sera donc historique s’il est suivi d’effets pour qu’enfin nous soyons débarrassés de cette épée de Damoclès qu’est l’arme nucléaire.

mardi 2 juin 2009

Opinions : discours de Prague, avril 2009

Par Eddie AÏT, Maire de Carrières-sous-Poissy, Conseiller régional d’Île-de-France, Vice président de la Communauté d’agglomération des Deux Rives de la Seine.

À Prague, le 5 avril 2009, Barack Obama a plaidé contre la prolifération nucléaire devant 30 000 personnes. En rupture avec la politique adoptée par son prédécesseur, il a détaillé sa stratégie de maîtrise de l’atome militaire pour les années à venir : réduction des stocks, arrêt complet des essais et lutte contre la prolifération.

D’une portée universelle, son discours trouve une résonance particulière vis-à-vis de l’AFCDRP. Il constitue un repère, un appui et un encouragement à développer des actions en faveur d’une Culture de Paix. Je pense en particulier aux appels nationaux et internationaux tels que l’Appel en faveur du protocole Hiroshima – Nagasaki et l’Appel de Dijon (21 novembre 2008).

À la lecture et à l’écoute de ce discours, deux mots m’ont semblé baliser l’intervention du Président Américain : espoir et fraternité.

« Nous sommes ici aujourd’hui parce qu’il y a eu assez de gens pour ignorer les voix qui leur disaient que le monde ne pourrait pas changer ». Se référant à la « révolution de velours » de Prague, Barack Obama a tenu à rappeler « que le pouvoir moral était plus puissant que n’importe quelle arme » et que les citoyens du Monde devaient avoir foi en la voie pacifiste.

Mondialisés et interdépendantes, nos sociétés contemporaines doivent plus que jamais mettre en avant la notion de fraternité. « Pour renouveler notre prospérité, nous avons besoin d’une action coordonnée par-delà les frontières ». La notion de Culture de Paix défendue par l’AFCDRP rejoint d’ailleurs cette idée qu’il faut dépasser les différences : « lorsque les nations et des populations se laissent définir par leurs différences, le fossé entre elles se creuse. Dénoncer ou dédaigner un appel à la coopération est facile et lâche. C’est ainsi que commencent les guerres. C’est ici que l’humanité cesse de progresser ».

Par ailleurs, Barack Obama a abordé avec force la question de l’avenir des armes nucléaires au 21ème siècle. Il a rappelé le rôle d’exemple que devait désormais endosser les États-Unis : « Et en tant que puissance nucléaire – en tant qu’unique puissance nucléaire ayant eu recours à l’arme nucléaire -, les États-Unis ont la responsabilité morale d’agir. Nous ne pouvons réussir seuls dans cette entreprise, mais nous pouvons la conduire ».

Pour la communauté internationale, les déclarations du Président Américain à ce sujet constituent une avancée fondamentale. À la lumière de l’actualité, des menaces émanant de pays tels que la Corée du Nord ou l’Iran ou bien encore des organisations terroristes, plusieurs mesures concrètes ont été promises afin de lutter contre la prolifération des armes nucléaires.

« La destinée de l’humanité sera ce que nous en ferons ». Par cette conclusion rappelant notre responsabilité commune dans la défense des principes de liberté, de justice, de tolérance, de démocratie et de solidarité, Barack Obama nous enjoint à poursuivre et à renforcer notre action au sein de l’AFCDRP.

N’oublions pas, comme l’a souligné Georges Clémenceau au lendemain de la Première Guerre Mondiale, qu’« il est plus facile de faire la guerre que la paix ». Il est de notre devoir de dépasser les tentations du laisser-aller et du laisser-faire.

« Acceptons la responsabilité de laisser ce monde plus prospère et plus pacifique que nous l’avons trouvé ». Barack Obama

jeudi 30 avril 2009

Édito : Un printemps de paix prometteur

Par Michel CIBOT, Délégué général AFCDRP, membre de la Commission Nationale Française pour l’UNESCO

L’année 2009 a commencé sous le signe d’une crise économique grave dont tous les effets ne sont pas peut-être encore visibles. Paradoxalement, celles et ceux qui, tous comptes faits, n’ont pas pu ou n’ont pas voulu voir arriver et prévenir cette crise semblent vouloir devenir raisonnables.
Ils s’engagent à se mettre au travail et arrêter les activités dangereuses pour la planète… En tête des débats, les changements climatiques provoqués par l’Homme. Cela fait l’objet de nombreux commentaires et une sorte d’unanimité se réalise autour de cette question.
Le nouveau Président des États-Unis, M. Obama, annonce dans un même discours son intention d’investir les moyens de son pays dans ce sens et ajoute qu’il prendra aussi « des mesures concrètes en faveur d’un monde sans armes nucléaires ». Le lien entre climat et armes de destruction totale n’est pas fortuit. M. Obama appelle également tous les États « à consolider le Traité de Non-prolifération nucléaire comme base de coopération ».
Nous attendions cela depuis plusieurs années ! C’est pourquoi nous nous réjouissons de pouvoir dire que Mayors for Peace met évidemment son expérience concrète à la disposition de tous. En effet, qui pourrait imaginer que les vœux de M. Obama se réalisent sans un soutien actif des citoyens ? Et là, les acteurs locaux ont à faire !
Cela dit, pour approfondir ce travail, il faut être nombreux et se doter de moyens efficaces. La France est loin du compte en la matière et le sujet dont nous traitions reste largement exclu des débats publics.
En toute modestie, n’hésitons pas à rappeler que nos expositions, nos livres et nos films restent d’actualité et que des outils nouveaux s’ajoutent à ceux dont nous disposons déjà. Il y a notamment le livre de Georges Le Guelte, Les armes nucléaires : mythes et réalités, paru aux éditions Actes Sud. Michel Rocard a préfacé cet essai savant et facile à lire qui nous éclaire sur l’histoire politique et institutionnelle des arsenaux nucléaires. Cette préface se termine par un appel au lancement d’une « offensive diplomatique pour amorcer le long et complexe mais nécessaire processus d’éradication des armes nucléaires ».
Saluons également les éditeurs français qui nous donnent accès depuis peu à l’œuvre de Günther Anders (nous lirons avec intérêt Hiroshima est partout, éd. du Seuil, et L’obsolescence de l’homme : sur l'âme à l'époque de la deuxième révolution industrielle, éd. de l'Encyclopédie des nuisances - Ivrea).
Dans ce contexte, la proposition de l’AFCDRP invitant chaque maire et président des collectivités membres à rédiger un avis sur la question des armes nucléaires et du TNP me semble bienvenue. Ces textes trouveront toute leur place dans nos publications et constitueront un matériau utile dont les maires d’Hiroshima et de Nagasaki pourront se servir l’an prochain aux Nations-unies à l’occasion de la Conférence de révision du TNP.
Ces perspectives apportées par un printemps riche en paroles et en écrits prometteurs nous aident à espérer que les dépenses d’armement cessent aussi d’épuiser nos économies…En espérant que nos armes nucléaires soient mieux gérés que nos banques…

lundi 6 avril 2009

Révision du TNP : Barack Obama laisse espérer des avancées

Alors que la Conférence de révision du Traité de Non-prolifération (TNP) aura lieu en mai 2010 à New York, le nouveau Président des États-Unis Barack Obama suscite l'espoir parmi les partisans du démantèlement des arsenaux nucléaires. En effet, après avoir annoncé en compagnie de son homologue Dimitri Medvedev un nouveau Traité bilatéral de désarmement entre la Russie et les États-Unis (voir la dépêche de l'agence Reuters), Barack Obama s'est officiellement prononcé en faveur d'un désarmement global lors de son discours du dimanche 5 avril 2009.

Articles à lire à ce sujet :
"After Launch, Obama Focuses On Disarmament", Washington Post (EN);
"Obama milite pour un monde débarrassé des armes nucléaires", Le Monde (FR);
"Obama veut «un monde sans armes nucléaires» et plus vert", Libération (FR)
[Mise à jour] Le texte du discours de Barack Obama :
Discours de Prague, blog de la Maison Blanche (en anglais)
Barack Obama : "Un monde sans armes nucléaires", Le Monde (édition du 7 avril 2009), traduit en français par Isabelle Chérel.


Ce discours remet le désarmement nucléaire au centre du débat public et l'AFCDRP ne peut que s'en féliciter.
L'AFCDRP et Mayors for Peace travaillent en faveur d'un monde débarassé de toute menace nucléaire depuis de nombreuses années et nous rappellons que tous les élus locaux sont invités à se joindre à l'Appel en faveur du Protocole Hiroshima-Nagasaki et à soutenir la campagne Vision 2020 pour un monde libre d'armes nucléaires d'ici à l'année 2020. Les appels signés seront remis officiellement à l'ONU pour appuyer l'adoption du Protocole Hiroshima-Nagasaki lors de la Conférence de révision du TNP en 2010.